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L’assassinat médiatique de Bat Ye’or

Suite à l'attaque de Malek Chebel dans "Le Point", Liberty Vox s'engage et soutient Bat Ye'or. Anne-Marie Delcambre lance ici une première contre-offensive et dénonce ce véritable "assassinat médiatique".

Quiconque s’est un jour penché sur le statut des non musulmans en terre d’islam, ne peut ignorer les travaux de Bat Ye’or. L’ouvrage le plus récent sur le Jihâd (guerre sainte), paru dans la collection très universitaire «l’islam en débats», dirigée par Jocelyne Dakhlia et Françoise Micheau, et dont l’auteur est Michael Bonner, professeur associé d’Histoire islamique médiévale à l’université du Michigan aux U.S.A, parle ainsi des livres sur la situation des non-musulmans dans les sociétés musulmanes [1] «une riche production d’ouvrages, dont certains évoquent le mythe du paradis interconfessionnel, tandis que d’autres comprennent des accusations acerbes comme celles de Bat Ye’or dans «le dhimmi: profil de l’opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe» (Paris, Anthropos, 1980).

L’américain Michael Bonner ne traite pas Bat Ye’or en paria de la recherche. Il ne fait pas de la désinformation. Il ne l’assassine pas scientifiquement. Il l’égratigne simplement.
Or, c’est un véritable assassinat médiatique qu’a perpétré Malek Chebel, auteur du «Dictionnaire amoureux de l’islam» et du «Manifeste pour un islam des Lumières», dans le journal «Le Point, le 10 Avril 2005!

Tout le long du texte intitulé «Ne semez pas la confusion!» court contre Bat Ye’or l’accusation grave de falsification de la vérité. Certaines phrases sont particulièrement graves car elles laissent croire que Bat Ye’or règle des comptes: «régler des ardoises anciennes», ceci dans un but de propagande: «Vous amenez des éléments concrets, ils sont reformatés selon un calcul précis et une propagande qui parle au nom d’un passé révolu et qui vise à condamner collectivement les Arabes» et cette phrase particulièrement méprisante: «Et surtout, prenant la partie pour le tout, lorsque deux ou trois intégristes musulmans ont pris le pouvoir c’est –AUX YEUX DES HISTORIENS DE FIN DE SEMAINE– tout l’islam qui est responsable».


Monsieur Chebel n’emploie pas l’expression «historiens du dimanche», non! Il rappelle implicitement que pour Bat Ye’or, c’est le samedi, sabt, le septième jour; qu’elle travaille! En arabe, le dimanche se dit Ahad, un, c’est le premier jour de la semaine. Le sabat, le samedi, c’est le jour des sorcières, le jour des Juifs (qui précisément ne travaillent pas le samedi). Et voici qu’apparaît, il fallait s’y attendre, le nom d’Oriana Fallaci, l’autre sorcière, catholique, elle, mais les sorcières entre elles s’entendent. D’ailleurs cette référence est bien présente dans l’esprit de Malek Chebel puisqu’il écrit «L’Arabe bouc émissaire était latent depuis le 11 septembre 2001. Oriana Fallaci l’a exhumé, et tous les apprentis sorciers se jettent sur sa dépouille. Aujourd’hui toutes les passions mortifères peuvent se déchaîner».


Monsieur Chebel qui cumule toutes les professions: psychologue, psychanalyste, anthropologue, sociologue, islamologue, peut-être même œnologue, brosse un tableau apocalyptique: les apprentis sorciers, qui, en fin de semaine, dansent sur la dépouille des Arabes! quelle jouissance! (heureusement qu’on sait que Malek est psychanalyste. Comme le dit Michel Onfray «car Malek Chabel se dit aussi psychanalyste (...) Reviens Sigmund ...[2] ».


Mais Malek Chebel a peur, car les apprentis sorciers font peur, et il essaie de prévenir le lecteur contre leur pouvoir! puisqu’il dit «il faut que chacun sache que la validité morale et scientifique de leurs cogitations (celles des apprentis sorciers) est plus que douteuse». On est tellement proche de l’imaginaire musulman «les bourreaux juifs israéliens qui assassinent les Arabes». Le texte de Chebel poursuit dans sa psychose délirante «l’empire musulman est sorti du frigo où il était confiné depuis plus d’un siècle. On l’exhibe à la vindicte populaire». Qui est ce «on», et la vindicte populaire de qui? des occidentaux bien sûr. Et le «on», ce sont ceux qui allument les guerres, encore les juifs, même le Coran le dit, dans la sourate 5 v . 69/64.


«Tout est calculé, adroit». On est vraiment dans la thèse du complot. Pourtant Bat Ye’or est une femme, donc menée par l’émotion, même si elle croit être scientifique «Vous croyez parler de chiffres, il n’est question que d’émotion». Une pauvre femme soumise aux passions mais néanmoins une femme dangereuse «le prétendu travail de Bat Ye’or jette de l’huile sur le feu». Elle sème la corruption sur la terre et ceux qui le font méritent la mort (toujours d’après le saint Coran sourate 5 v 37/33 «La «récompense» de ceux qui (;;) s’évertuent à semer le scandale sur la terre sera seulement d’être tués ou d’être crucifiés, ou d’avoir les mains et pieds opposés tranchés, ou d’être bannis de leur pays (...) Madame Bat Ye’or, à quoi avez-vous échappé! Vous n’avez eu qu’une tentative d’assassinat médiatique.

En effet le tireur a commis une énorme erreur. Il voulait vous faire tuer par les vôtres lorsqu’il écrit: «Depuis le XIX ème siècle, la plupart des historiens juifs, spécialistes de l’islam, Ignace Goldziher, Georges Vajda, Samuel Munk, Bernard Lewis, Maxime Rodinson, ont admis que leurs coreligionnaires en terre musulmane, toutes époques confondues, n’ont jamais été victimes de pogroms, de déportation massive, de discrimination ou d’extermination (…) Bien au contraire les fonctions éminentes que certains avaient occupées ont fait honneur à la magnanimité de l’islam classique, celui des Lumières, celui que nous aimons».

Monsieur Malek Chebel, vous devez vraiment l’aimer votre islam classique pour être aussi aveuglé mais surtout aussi menteur!!!

Je me suis reportée au livre de Bernard Lewis «Juifs en terre d’islam»[3]. Tout le livre confirme les recherches de Bat Ye’or: ainsi, p 30 «le recouvrement de la djizya (impôt) doit s’accompagner de mépris et d’humiliation. Le dhimmi viendra en personne, à pied, et non à cheval. Pour payer il se tiendra debout, tandis que le percepteur sera assis. Le percepteur l’empoignera par le collet et le secouera en lui disant « Acquitte la djizya et quand il aura payé, il lui donnera une tape sur la nuque». Chez d’autres auteurs, dit Lewis, le dhimmi se présentera le dos courbé et la tête baissée, le percepteur le traitera avec dédain et même brutalité.
Mais vous avez raison Monsieur Chebel, c’est mille fois plus supportable et agréable que les bûchers de l’Inquisition. D’ailleurs dans leur grande magnanimité certains juristes comme Abû Yûsuf au 8 ème siècle, demandent de ne pas battre les dhimmis. Mais précise Lewis, le dhimmi doit être traité durement et avec mépris, car, cher Monsieur Chebel, le statut de dhimmi a toujours été un statut discriminatoire.

Page 32, Bernard Lewis, que vous considérez comme un vrai historien, écrit «l’ensemble de ces prescriptions, répétons-le, reflétait le besoin communément ressenti de rappeler aux incroyants leur statut d’infériorité «Beaucoup de chrétiens préférèrent échapper à leur condition en embrassant l’Islam et en rejoignant les rangs de la communauté dominante. En revanche le judaïsme tint bon. Les Juifs avaient une plus grande expérience de l’adversité».

Pratiquer la désinformation comme cela a été fait dans le journal «le Point» est une infamie. Mais Bat Ye’or a toujours été critiquée par la gauche communiste.
Ainsi Jacques Ellul, répondant au professeur Claude Cahen, [4] écrit «c’est mon correspondant (Cahen) qui n’est pas scientifique (…) N’étant pas juriste, il ne voit pas la différence entre droits personnels et droits octroyés». Le fait d’avoir de hautes situations n’empêche pas d’être esclave! Les droits octroyés peuvent être retirés à tout moment.

Oui, Monsieur Chebel, là où Claude Cahen a échoué vous ne sauriez réussir. C’est ainsi que Jacques Ellul raconte la première tentative d’assassinat médiatique :

«J’avais fait un compte-rendu de ce livre (...) dans un grand journal. Et j’ai reçu une critique très violente d’un collègue, spécialiste des questions musulmanes (professeur Claude Cahen), me disant que ceci était un livre de pure polémique, qui n’avait aucun caractère sérieux. Mais ses critiques manifestaient qu’il n’avait pas lu le livre et ses arguments (à partir de mon texte) étaient intéressants pour révéler, a contrario, le caractère scientifique de cette étude» et d’ajouter «c’est un travail exemplaire dans le grand débat où nous sommes engagés» [5].

Faut-il continuer pour prouver que Bat Ye’or ne méritait pas d’être exécutée, froidement, sans pouvoir se défendre, victime de son nom, de son appartenance culturelle et politique parce que le bon musulman qu’est Monsieur Chebel ne peut admettre qu’un dhimmi, un non musulman, qui plus est se révèle être une femme, se permette de critiquer l’islam et les Arabes. Elle méritait, pour lui, d’être descendue, comme le fut Théo Van Gogh, avec cette différence, qui pour moi n’en est pas une, que l’assassinat médiatique n’est pas puni par la loi occidentale.


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[1] Téraèdre, Paris novembre 2004 (48 rue Sainte-Croix de la Bretonnerie 7504) p 120

[2] Michel Onfray «Traité d’athéologie», Grasset , p273

[3] Champs Flammarion 1989

[4] Jacques Ellul «Islam et judéo-christianisme», PUF p 105

[5] Op.cité p 99

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© Anne-Marie Delcambre pour LibertyVox - Article paru le 11/05/2005 Imprimer cet article
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