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Make no mistake ! Un grand Président

Que peuvent donc bien reprocher nos politiques et intellectuels français à George W. Bush?

Partie I.
4 mai 2005

Le pays Ran-Tan-Plan

Que peuvent donc bien reprocher nos politiques et intellectuels français à George W. Bush? Pourquoi ont-ils de lui une opinion négative?

Chaque jour, après avoir lu ou vu un reportage anti-Bush, je me pose effaré la question. Puis, je reprends calmement mes esprits. Ah oui… j’oubliais, la France de 2003-2005, le pays Ran-Tan-Plan, toujours sur le mauvais chemin, vivant sur de vieilles escroqueries et des idées fausses. La France, seul pays anti-libéral avec la Corée du Nord et Cuba. Seul pays d’occident ayant encore un parti communiste. Seul pays du Monde, avec Cuba, à avoir, à trente et un ans (!) d’écart, le même homme au premier poste de l’exécutif: Chirac Jacques, Président de la République (2005) et, au second, Chirac Jacques, Premier Ministre (1974). La France, persuadée qu’un homme à Londres, avec un micro BBC, a libéré la France des nazis, tout seul, et sans aide! Le pays des belles légendes! La France des «grands intellectuels» du 20e siècle qui ont toujours eu tort sur tout, une grande tradition depuis le Sartre des années 50, adorateur de l’URSS collectiviste et liberticide, haïssant les USA, leur liberté et prospérité. La France des grands et courageux hommes politique, formés à l’ENA pour être soit fonctionnaire, soit homme politique. La France persuadée qu’en travaillant moins, on produit plus de compétitivité et de richesses. La France qui légifère sur tout, en passant de la réduction du temps de travail au port de capuchons des jeunes filles en classe. La France qui veut lutter contre le cinéma d’Hollywood en finançant des profonds et passionnants films d’auteur que personne ne voit. La France du service public en surnombre, avec toujours plus d’effectifs, et moins de respect des usagers. La France qui punit fiscalement les créateurs de richesse à l’exil, pour être certaine de faire bénéficier de leur talent les Belges et les Anglais. La France dont le niveau s’est effondré pour revenir à celui des années 50, d’après le très sérieux CERC. Pauvres français.

Pauvres français donc, menés depuis 25 ans par des politiciens incompétents et obsolètes et des intellectuels aveugles. Des «leaders» qui pensent faux sur Bush, comme sur tout le reste. Ce n’est pas rationnel et il ne faut chercher aucune explication cohérente, à part cette haine bien partagée entre les ailes archéo de la gauche et du gaullisme de papa.

Pourtant, depuis quelques mois, devant l’évidence des succès en politique intérieure et étrangère –nous y reviendrons en détail– certains titres positifs, encore impossibles il y a six mois, apparaissent : «Le printemps Arabe», «Et si Bush n’avait pas tort?».

La vérité, et ça me paraît incroyable de ne l’avoir jamais lu en France, est que Bush est un grand Président.

Oui, un grand Président s’étant sorti de situations très difficiles, préparant l’avenir de l’Amérique et du monde libre, n’ayant pris, presque tout le temps, que de bonnes décisions depuis sa première élection, exécutant du mieux possible sa politique.

L’héritier de la maison inondée et en feu

«W» a hérité d’une maison inondée et en feu en Janvier 2000. Oui, le budget lui avait été laissé équilibré par Clinton, mais la plus grande bulle financière de l’histoire était à son apogée, suite à la dérégulation des Télécoms US, décidée en 1994, et une frénésie d’introduction en bourse de valeurs technologiques et Internet à partir de 1996. La bulle a explosé trois mois après l’arrivé de «W» au pouvoir, avec une destruction de valeurs de plusieurs trillions de Dollars. Or, il n’y a pas eu de catastrophe économique et, plus incroyable, la récession US a été assez courte. Depuis 2003, la croissance dépasse 3%, avec des pics à... 7% (Novembre 2003). L’Administration Bush a plutôt bien géré l’économie et le monde entier s’est enrichi. À la réélection de Bush, le chômage était au même niveau qu’en… 1996.

Le plus extraordinaire est que le «11 septembre» n’a à peine perturbé l’économie Américaine. Dès février 2002, les médias US ne parlaient plus que du scandale d’Enron, comme premier obstacle psychologique à la confiance nécessaire à l’économie!

Il a été reproché à l’administration Bush d’avoir sous-estimé les signaux avant-coureurs du 11 septembre. Cela est tout à fait exact. Comme son prédécesseur, il n’a pas imaginé que des fous, organisés et fonctionnels, pouvaient se jeter avec des avions contre des tours. Tout simplement, car à l’époque ce n’était pas concevable pour un occidental, ni pour lui, ni pour vous et moi.

Cela dit, le désastre du renseignement remonte à beaucoup plus loin. C’est l’administration Clinton qui a supprimé les effectifs de la CIA en Arabie Saoudite pour des raisons de budget. C’est Clinton lui-même qui ne rencontrait qu’une fois par an le patron de la CIA (George Tenet, le même que pour «W» pendant 4 ans), considérant que toute menace extérieure avait disparu… On ne peut pas non plus blâmer Clinton. Ces décisions post-guerre froides se sont révélées à posteriori des erreurs, mais ce relâchement était cohérent avec «l’air du temps» euphorique de la chute du Mur, et contemporain de la doctrine de «La fin de l’Histoire» de Fukuyama.

Le nouveau Winston

Quand W. Bush, le fils de famille fêtard et sarcastique, le médiocre prospecteur de pétrole, puis l’habile gouverneur du Texas, et finalement le Président élu qui voulait un mandat centré sur la politique intérieure, a-t-il accédé à la grandeur? La semaine du 11 septembre 2001. Bush a souvent été présenté comme une marionnette aux mains de différents Lobbys (pétrole, armement) et dirigée par son vice-président Cheney. C’est faux. Bush a décidé, sans consulter Cheney et contre l’avis de Condi Rice, de modifier de façon décisive son premier discours post-11 septembre, en signifiant que «les USA pourchasseront sans relâche les terroristes ET CEUX QUI LES HEBERGENT».

Son voyage du 13 septembre 2001 à New York l’a grandi. Il escalade avec un pompier une colline de gravats du World Trade Center. Avec le porte-voix, il s’adresse aux pompiers et secouristes. Un homme crie dans la foule «Monsieur le Président, on ne vous entend pas!». Il répond «Ce n’est pas grave, moi je vous entends!».

Ces deux phrases viennent en parfait contrepoint et écho: «We shall never surrender!» pour la première et, «I have nothing to offer but blood, toil, tears and sweat.» pour la deuxième.

Ces deux phrases seront dans tous les livres d’histoire dans 25 ans.

Le modéré

Bob Woodward décrit toutes ces scènes extraordinaires dans «Bush s’en va en guerre» (Denoël 2002). Plus intéressante encore est la modération qui a suivi le 11 septembre. Woodward –qui fit tomber Nixon et n’est pas républicain– raconte comment l’exécutif américain attend 3 longues semaines avant de débuter la guerre en Afghanistan. Avec modération et souci constant de limiter au maximum les dégâts collatéraux et de gérer des alliances complexes, en particulier avec le Pakistan et les ex-républiques Soviétiques.

Si Bush et les USA étaient si «impériaux» et «va-t-en-guerre» que nous le pensons, ils auraient pu réagir beaucoup plus nerveusement et agressivement. Une éditorialiste New-Yorkaise, Anne Coulter, avait écrit le 14 septembre «Nous devrions envahir les pays musulmans, tuer leurs leaders et convertir de force leur population au christianisme». Voici ce que l’on peut qualifier de réaction PAS modérée! Non seulement, cela ne s’est pas produit, de loin ou de près, mais toujours la même semaine du 11 septembre, Bush a été filmé dans une mosquée, habillé en habits de prière, et a déclaré que L’islam est une grande religion!

Il n’y a eu aucune «réaction excessive», y compris contre les libertés civiques ou religieuses, nous y reviendrons plus bas, car il s’agit du plus grand malentendu, à la fois sur l’histoire Américaine et sur W. Bush.

Le pro-arabe

On peut discuter sans fin de certains aspects de la guerre en Irak, source de divisions, à la fois dans la population américaine et entre les USA et la France. Certains arguments anti-guerre sont très respectables et justes, en particulier du point de vue... Américain: était-t-il nécessaire de sacrifier de jeunes Américains, souvent issus de milieux défavorisés et engagés par quasi-nécessité dans l’armée US?

Mais ils se sont aussi révélés souvent faux, à la fois dans les intentions et les conséquences. Dans les intentions, car les deux administrations Clinton et Bush voulaient se débarrasser de Saddam, le stalinien sanguinaire ayant gazé sa propre population et privé de toute liberté son peuple durant 37 ans. Il ne s’agissait pas du désir forcené d’un homme seul. Dans les intentions, car le contrôle du pétrole de l’Irak n’était pas, contrairement aux analyses vulgaires, un objectif mercantile d’un quelconque lobby Texan ou autre, mais un objectif hautement géostratégique. Il s’agissait de rééquilibrer la production moyen-orientale à 70% dépendante de l’Arabie Saoudite, pays non démocratique, fragilisé par le wahhabisme et une explosion démographique incontrôlée, vers un nouvel allié plus stable et démocratique.

Au niveau des conséquences, la guerre en Irak est un succès majeur, avec trois impacts indiscutablement bénéfiques:

  1. Un tyran fou, incontrôlable, et armé a été mis hors de nuire. Ceci favorise la stabilité de la région.
  2. Une démocratie est installée au Moyen-Orient. Un peuple opprimé pendant 4 décennies va en bénéficier. Cette démocratisation peut servir d’exemple. Il s’agit d’un point capital, car si le phénomène de contagion démocratique n’est pas certain, il peut se produire et il faut lui donner une chance. C’est le sens de l’histoire, et ce qui se passe au Liban avec le départ de la Syrie en est un indicateur.
  3. Le rééquilibrage de la production de pétrole au Moyen Orient est amorcé, ce qui est vital dans le nouvel équilibre mondial, avec en particulier l’arrivée de la Chine comme grand consommateur, alors que les gisements s’amenuisent.

De notre côté de l’Atlantique, un homme politique célèbre et défavorable à Bush en 2003 s’est réveillé en 2005 et a dit à propos de l’Irak:

«Notre opposition à l’Amérique et à Bush, au sujet de l’Irak, était un héritage de l’influence marxiste, véhiculée par l’Union Soviétique pendant la guerre froide. Quelquefois une intervention militaire peut être une bonne chose».

Tout est dit et résumé dans cette phrase: A) Anti-américanisme systématique, délirant, plus ou moins conscient. B) Influence déterminante du marxisme (souvent français) sur la perception des USA et de leurs décisions. C) Une guerre de libération est une guerre juste. C’était vrai en 1945 en Europe et en Allemagne, même s’il y a des abus et/ou dommages terrifiants, et c’est toujours vrai en 2005.

Qui a dit cette phrase extraordinaire?

Un de nos grands leaders français?

Non. Il s’agit de Walid Joumblatt, un Libanais! Trop heureux que la Syrie décide assez brusquement de modifier sa politique, comme par enchantement, bien sûr… Les Libanais peuvent dire merci à Bush et à la terreur qu’il a semé au sein du pouvoir fasciste Syrien.

Un peu de folklore

W. Bush est religieux. Il est évangéliste. Ce serait donc une menace terrifiante pour la liberté des USA et du monde! W. Bush va donc donner le pouvoir et une influence déterminante aux religieux et ultraconservateurs des USA! Les libertés civiques vont reculer! Etc. etc. L’agitation constante de ce chiffon rouge depuis sa première élection est consternante à double titre, car il repose sur deux méconnaissances de l’influence religieuse aux USA, une méconnaissance historique et politique:

Historique, car il existe en effet une pensée religieuse ultraconservatrice. Il s’agit de Protestantisme Puritain, né en même temps que l’Amérique. Leur puritanisme est exacerbé.

Mais…

(À suivre…)

La semaine prochaine :

Partie II

Un peu de folklore – Bush le libéral - Bush et l’ONU et… Chirac - La peine de mort, Bush et l’Amérique – Bush et le climat – Les vrais problèmes post-Bush II

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© Nicolas De Pomereu pour LibertyVox - Article paru le 04/05/2005 Imprimer cet article
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